vendredi 18 avril 2008

De Fianar à Tuléar: 500 km sur la nationale 7...

Bonjour à tous,
Avant de quitter Fianar, nous avons pris quelques photos de la ville, vue de notre hôtel. Puis nous avons quitté Fianar lundi matin en direction de Tuléar avec une étape technique à Ihozy (prononcez Ihouche) et une autre de deux jours à Ranohira.


Traversée d'un village puis quelques vues prises depuis la voiture, avant d'arriver à Ihosy.

L'étape de Ihosy n'avait que peu d'intérêt : à part une averse tropicale carabinée, nous avons pu voir ces arbres que nous avons tout d'abord pris pour des baobabs miniatures et qui sont (sauf erreur) des pachipodium.

Le lendemain matin, départ vers Ranohira, où nous arrivons en fin de matinée et nous installons à l'hôtel Les toiles de l'Isalo.
C'est depuis Ranohira que nous sommes allés crapahuter dans le parc national de l'Isalo (prononcer Ichal...). Ce parc national est vraiment magnifique et différentes balades sont prévues (guide obligatoire). Nous avons eu la chance de tomber sur un jeune guide -Gaston- très gentil et très érudit sur la faune et la flore du parc, lequel fait plus de 80 000 hectares). Au menu, une balade de 14 km (montées et descentes...) au cours de laquelle nous avons croisé quelques lémuriens, des caméléons, etc., puis abouti à la "piscine naturelle" dans laquelle JL s'est baigné (quant à moi, la seule vue de toute cette eau a suffi à me rafraichir !).



Vues générales du massif de l'Isola (dont certaines visibles depuis notre chambre d'hôtel!)

Ici, une sépulture provisoire désaffectée*. Il s'agit d'un tombeau Bara. Les Bara inhument en effet leurs morts dans les nombreuses grottes du massif de l'Isalo.

Les Bara sont un peuple d'éleveurs de zébus. Les troupeaux de zébus sont gardés par des hommes armés, de crainte des terribles "voleurs de boeufs" qui sévissent dans toute la région. Il parait que le fait d'avoir volé un ou plusieurs zébus constitue, pour les jeunes gens, un bon argument pour déclarer sa flamme à une jeune fille. Le fait d'avoir fait un séjour en prison pour ce vol semble être un plus, nous a-t'on dit...

Et voici la pervenche rose de Madagascar qui a des propriétés exceptionnelles (en plus de sa couleur) : elle soignerait l'hypertension, la fatigue, la neurasthénie, la faim, et même parait-il certains cas de leucémie de l'enfant...

Un pachypodium

Une autre sépulture provisoire*



Un caméléon de bonne taille!


La piscine naturelle, dans laquelle JL s'est baigné

Voilà l'artiste...

* Pourquoi parler de sépultures provisoires ?
D'après le guide Gallimard "Les Malgaches observent deux rites funéraires : le premier fait passer l'individu du monde des vivants dans celui des morts ; le second fait entrer le défunt dans le monde des ancêtres et installe son pouvoir protecteur. [...] Cette cérémonie consiste à rapatrier vers le tombeau familial (définitif) un défunt décédé au loin ou encore à exhumer les restes d'un mort... pour lui offrir un nouveau linceul". Cette cérémonie s'accompagne d'un festin au cours duquel on sacrifie un certain nombre de zébus (dont on partage la viande) et on écluse aussi une quantité importante de rhum.

Le lendemain, toujours accompagnés de Gaston, nous sommes repartis dans le massif de l'Isalo : visite du canyon des Makis, de la cascade des Nymphes (c'est ainsi que l'on appelle les grenouilles : voir la chronique gastronomique de JL), des piscines noire et bleue, pour finir à "la fenêtre" d'où l'on peut admirer le coucher du soleil sur la pierre rouge (photos pour la collection de Ludo). Moralité : une quinzaine de km et une quantité de lémuriens ; nous avons eu la chance de voir le même jour les trois espèces diurnes qui vivent dans le parc.

Le lever du soleil sur le massif de l'Isalo

L'entrée du canyon des Makis

Un lémurien Catta


Un lémurien (je n'ai pas retenu le nom de chacun...)

Un caméléon...


Un autre...


Des Makis... dans différentes postures.


Et voici la dernière figure de rock à la mode, avec Gaston et AM dans les rôles principaux





Ici, "la fenêtre", but de la balade rituelle de fin d'après-midi : le coucher de soleil en arrière sert de fond aux photos des touristes (sauf nuages...).

Bref, ce petit séjour à Ranohira était un enchantement, dans un hôtel très sympa comme vous pouvez voir ci-dessous.
Vues de notre fenêtre sur le massif, au lever du soleil.

Le restaurant et la terrasse puis la piscine...

L'écho des savanes
: (titre suggéré par JL)
Hier, jeudi 17 avril, nous avons fait la route vers Tuléar : changement de décor ; la déforestation, la fabrication du charbon de bois et la culture sur brûlis ont fait des ravages... On traverse ainsi (sur plus de 200 km) un paysage de collines complètement pelées : on voit ça et là quelques plants de maïs et de manioc, et c'est à peu près tout. Les rares villages que l'on aperçoit se bornent à quelques huttes vraiment misérables ; quand on s'arrête sur le bord de la route (ce que nous avons fait pour photographier notre premier baobab) la voiture est immédiatement entourée d'une bande d'enfants à peine vêtus, sans chaussures, etc. A côté de ce dénuement qui serre le coeur, les 4x4 circulent sur une route refaite à neuf et dont on se demande ce qu'elle apporte aux habitants.

A quelques 130 kms avant d'arriver à Tuléar, nous traversons l'étrange ville d'Ilakaka. Sa population est passée en quelques années de quelques dizaines d'habitants à plus de cent mille ; tout ceci en raison d'une sorte de "fièvre de l'or" suscitée par la découverte de mines de saphir. Dans un premier temps, on creusait à la main des trous d'un mètre de diamètre environ pour atteindre la couche de cailloux charriés dans l'ancien lit de la rivière. Une fois remontés les seaux de cailloux, il suffit de tamiser (simple et ecolo !) sachant que l'on peut espérer trouver 3 grammes de pierres précieuses au mètre cube. Les gens des alentours affluent, les enfants travaillent dans les mines dans des conditions innommables, sans compter les trafiquants et petits marlous de toute sorte qui exploitent la crédulité et la misère ambiantes. Bref, on suit sans regret le conseil des guides : ne vous arrêtez pas dans cette ville... (voir les 3 photos ci-dessous (prises au vol...). Quelques km plus loin, on trouve la ville de Sakaraha où se déroulent les activités de négoce liées au commerce des pierres. Même consigne !



Et voici notre premier baobab

Que pensez vous de l'étal de la boucherie ?

A moins que vous ne préfériez le rayon triperie ?

Le décor et l'ambiance changent à nouveau quand on arrive à Tuléar, au bord de l'océan indien (mais on ne s'y baigne pas car il n'y a pas de plage). Nous sommes à l'extrémité de la nationale 7, un peu au nord du tropique du Capricorne. Ici aussi, l'un des moyens de transport urbain est le pousse-pousse.

Si vous cliquez sur la photo du changeur de monnaie, vous aurez une idée des nouveautés disponibles ce jour-là à Tuléar (capitale de la province).

Nous arrivons dans un hôtel de bungalows disséminés un magnifique jardin tropical. Nous n'avons pas hésité une seconde sur le choix de cet hôtel "chez Alain": les initiés comprendront ! (au fait salut Alain...). Ci-dessous, quelques vues du jardin tropical dans lequel sont disséminés les bungalows de "chez Alain".




Les deux photos précédentes illustrent la variété des moyens de transport disponibles : vous avez déjà vu le pousse-pousse ; voici le char à zébus et le bus...


A la conquête de l'ouest: vers Ifaty
Demain matin (samedi), nous partons à Ifaty (plages superbes, restos de poisson et fruits de mer, etc. Nous y serons pour 5 jours (chez Freddy). Je ne sais pas si nous trouverons un café internet...

Bon, je m'arrête là et j'attends vos nombreux commentaires : j'ai oublié de vous dire qu'il fait assez chaud ici!

Bises à tous.

Anne-Marie

1 commentaire:

Dominique Ramarlah a dit…

Bonjour,
Votre magnifique carnet de voyage avec de superbes photos m'a transporté chez les Bara. Une de vos photos illustre mon site sur cette ethnie :
http://lesbarademadagascar.pagesperso-orange.fr/
Un lien renvoie le visiteur vers le vôtre, à la même page "Histoire & Société"
J'attends vos critiques, commentaires et conseils.
Remerciements anticipés.
Dominique