mercredi 30 avril 2008

Coucou, nous revoila

Bonjour à tous, de Fort Dauphin le 30 avril

Nous sommes arrivés hier en fin d'après-midi à Fort Dauphin (sud est de Mada) après notre périple dans le grand sud. Ci-dessous quelques détails et anecdotes de ce périple...

Mon dernier message date de Tuléar (côte ouest). Pendant que je rédigeais ce message, le jeudi 24 avril, nous avons eu un coup de fil de Gaston (le guide qui nous accompagnait dans l'Isalo) : ayant eu quelques remarques de sa hiérarchie, il nous demandait s'il nous serait possible de lui faire parvenir des chaussures de montagne (il faut dire qu'il fait toutes ses ascensions en tong!). Dans les dix minutes, nous avons eu la chance de trouver le seul marchand de chaussures (de montagne entre autres...) de Tuléar. Le patron a même accepté de les envoyer par la poste rapide. Si la poste malgache est fiable, Gaston va pouvoir frimer auprès de ses collègues !

Le lendemain, nous sommes partis pour Anakao où nous avions rendez vous avec le 4x4 à destination du grand sud. Pour rejoindre Anakao, il y a deux possibilités: une heure de bateau ou 10 heures de piste... Nous avons fait en partie les deux car le bateau n'est pas parti de Tuléar en raison des conditions de navigation et aussi du récent naufrage - la semaine précédente - d'un bateau sur ce parcours (4 morts...).
Le voyage a donc été un peu plus chaotique (dans tous les sens du terme) puisque nous avons commencé par deux bonnes heures de bus, suivies d'une attente de deux autres heures sur une plage (le soleil...), pour finalement traverser en une trentaine de minutes une rivière. Le périple s'est terminé par une petite balade en camion militaire jusqu'à l'hôtel en bord de plage : ouf.

Sur les trois photos précédentes, le transbordement des bagages, motos et autres quads, pour la traversée de la rivière en baie de Saint-Augustin, ci-dessous.

Et la halte salutaire sur la plage d'Anakao, dans notre bungalow équipé entre autres d'un hamac


une bonne idée, le hamac...



Le lendemain samedi, à 7 heures du matin, devant le 4x4 chargé de bidons d'essence, en compagnie d'Abel qui va nous conduire pendant 4 jours.


Notre première étape est Itampolo que nous avons atteint au bout de 8 heures de route à peu près. On traverse des régions en apparence désertiques (le pays des épines, des tombeaux Mahafaly et Antandroy, des tortues radiées, etc.) mais dès que l'on s'arrête, on voit des gens surgir de partout.
La végétation est très spéciale dans cette région - l'Androy - composée essentiellement d'épineux d'une grande diversité. Androy signifie justement "le pays des épines". On en voit plus particulièrement deux principaux : le fantsiholitra (voir un exemple ci-dessous) ; et le figuier de barbarie. Sur une assez longue distance (en temps sinon en kms), on se retrouve entouré de figuiers de barbarie chargés de fruits rouges et mesurant dans les 2-3 mètres de hauteur (les figuiers, pas les fruits...). J'ai lu depuis que les figuiers de barbarie ont permis la subsistance (!) de la population Antandroy pendant les disettes : les figues pour les êtres humains et les feuilles pour les animaux. Nous avons gouté aux figues : ce n'est pas mauvais (un peu comme le kiwi) mais cela ne nous a pas semblé très énergétique.

Un exemple de fantsiholitra
La piste est essentiellement sableuse et nécessite la conduite par un spécialiste : j'ai oublié de vous dire que notre chauffeur -Abel- s'est montré à la hauteur!

La plage d'Itampolo, le matin...


... et le soir : les couleurs, y compris celles de JL sont réalistes !


Sur la route vers Itampolo, nous nous sommes arrêtés dans le parc de Tsimanampetsotsa. Dans ce parc se trouve le lac du même nom, dont l'eau est d'un bleu turquoise étonnant (en raison de la forte teneur en sulfate de chaux de ses eaux.

Vue sur le lac Tsimanampetsotsa, depuis le sommet de la colline


Les rives du lac sont fréquentés par des flamants roses et on trouve dans les parages un certain nombre de grottes peuplées de poissons aveugles dont voici quelques exemples.
Nous avons pris un guide pour visiter ce parc et escalader la colline qui domine le lac. En chemin, on rencontre beaucoup d'oiseaux. Ci-dessous un coua, l'un des nombreux oiseaux qui peuplent le parc. Il y en a 71 variétés, dont les pluviers et les couas sans compter les flamants roses.


Dans ce parc la flore est aussi très riche, ce qui contraste avec les paysages essentiellement composés d'épineux (le bush) que nous venons de parcourir et qui vont nous entourer pendant les 500 prochains kilomètres.


En route vers le sommet du mont


Le baobab "grand-mère"... en arrière plan


Voyez ci-dessous une vue très partielle d'un gigantesque ficus dans le parc national de Tsimanampetsotsa.


Après cette balade dans le parc Tsimanampetsotsa (je ne me lasse pas d'écrire ce nom !), nous sommes repartis en cahotant sur la piste, direction Itampolo. En chemin, nous faisons plusieurs arrêts pour éviter d'écraser les nombreuses tortues radiées qui traversent tranquillement la piste.

Tortue radiée : face ventrale

La même, vue sous un angle plus habituel


Au bout de ce long chemin, nous atteignons l'hôtel Sud-Sud, sur la plage d'Itampolo. L'hôtel est géré par Laurent, mais appartient à Alain de Tuléar.

Pour aller de notre bungalow à la plage (20 m).

Nous occupons l'un des six bungalows de cet hôtel : tous sont quasiment sur la plage. Pendant que JL se baigne, je suis entourée d'une nuée d'enfants qui me demandent des bonbons, des crayons, des tee-shirts, etc. et qui finalement se rabattent sur ma crème solaire : séance de maquillage puis de photos...

Le soir nous avons mangé sur la terrasse de l'hôtel. Je vous laisse deviner le menu, sachant qu'Itampolo est appelée "le paradis de la langouste". Le patron nous a à la bonne (c'est un copain d'Abel, notre chauffeur). Nous n'avons malheureusement pas de photo de la langouste qu'il nous a servie, mais nous n'en avons pas laissé une miette... à tel point que le patron est venu nous en proposer "une autre, un peu plus petite". Croyant plaisanter, nous lui avons répondu que nous la mangerions avec plaisir lors du pique-nique du lendemain, pour lequel il devait nous préparer des sandwiches. Il nous a pris au mot et nous avons eu la surprise de trouver une langouste cuite en compagnie de nos sandwiches : très chic !

Le lendemain, pas de grasse matinée : nous partons dès le lever du soleil en direction de Lavanono.

2 commentaires:

cat974 a dit…

C'est rigolo: nous sommes aussi papy et mamie, avons fait le même périple que vous la semaine dernière, mais dans l'autre sens ( Fort-Dauohin vers Anakao )avec le même chauffeur, Abel!
Nous avons eu moins de difficultés pour franchir les rivières vu que nous sommes en saison sèche; par contre nous avonsbeaucoup aimé le lodge de Gigi; voyage inoubliable!

jleveto a dit…

Nous avons fait le trajet de Fort Dauphin à Anakao en juin 2008, deux mois pares vous, avec Abel, que nous avions apprécié pour sa gentillesse et sa décontraction.
Nous nous occupons d'une famille malgache à Fort Dauphin depuis 1996.
Nous sommes désolés de vous apprendre la mort d'Abel en début d'année 2014, qui a reçu un coup violent sur la tête au cours d'une bagarre à Fort Dauphin. Il est mort pendant son transfert sur Tana.