Il est 17 h30 et nous voici arrivés à la tombée de la nuit : c'est ça aussi les tropiques...
Je termine rapidement notre virée dans le grand sud. En me relisant, je m'aperçois qu'il manque plein de détails et surtout l'essentiel : les multiples impressions ressenties à chaque km (et même plus souvent). Par exemple, il est fréquent d'avoir à descendre de voiture pour transporter les tortues radiées (c'est leur nom) qui traversent tranquillement (!) la piste. Ce sont de grosses bêtes qui peuvent peser jusqu'à 3-4 kg. Un autre exemple : les subtilités de la conduite du 4x4 suivant le relief, la consistance du terrain, la profondeur estimée des flaques de boue, la grosseur des trous et celle des cailloux, etc. Le reste, je vous le raconterai de vive voix -photos à l'appui.
La dernière étape nous a amenés à Fort Dauphin (extrême Sud Est) qui mérite vraiment le détour (quelques exemples ci-dessous). Nous nous sommes séparés d'Abel, notre chauffeur guide, et avons atterri dans un petit hôtel très sympa (chez Anita) où nous sommes restés cinq nuits. Nous y avons trouvé avec beaucoup de plaisir le confort de la douche chaude, de l'électricité, du service de blanchisserie (plus que nécessaire après ces jours de désert et de boue).
Mais je dois d'abord vous raconter la dernière partie du périple dans le grand sud.
Les plantations de sisal, avant d'arriver à Fort Dauphin. Avec le sisal, on fait des cordes mais aussi les parois des maisons Mahafaly. Dans ce dernier cas, les interstices sont colmatés avec de la bouse de zébu !
L'orage menaçait quand nous approchions de Fort Dauphin
Un arrêt de bus sur la route, avant d'arriver à Fort Dauphin
Ci-dessous, quelques vues de Fort Dauphin et de ses nombreuses plages. Le site est spectaculaire car la côte est très découpée et entourée de montagnes. JL m'a trouvée snob quand j'ai dit que cela me faisait penser à Vancouver !
Plages immenses, pas très fréquentées : il fait pourtant une trentaine de degrés et l'eau est à 28
Mais notre agitation ne s'arrête pas : après une journée de flânerie à Fort Dauphin, nous décidons, dès le lendemain, d'explorer ses environs...
Sous la conduite de Patrick (un jeune guide de 30 ans, plein d'énergie), nous avons donc fêté le 1er mai et l'Ascension (!) en escaladant le Pic Saint Louis -539 m de dénivellé- soit 3 heures de montée , 1/2 heure de pause et 2 heures de descente. Bref, à une heure de l'après midi, c'était bouclé et nous ne pouvions plus mettre un pied devant l'autre sans réfléchir aux mouvements à faire... Dès 7 heures du matin, nous sommes à pied d'oeuvre
A mi chemin, mais le plus dur reste à faire !
Fort Dauphin, en route vers le sommet du pic
Une autre vue depuis le chemin vers le sommet du pic
Comme vous voyez, ça valait le coup d'oeil
Fort Dauphin bénéficie d'un site exceptionnel : une côte très découpée, une multitude de criques toutes plus belles les unes que les autres, des lacs, des canaux entourés d'une végétation très variée et d'une faune elle aussi très spéciale (hérons, canards sauvages, martin-pêcheurs, et même des crocodiles !). Nous sommes donc partis en pirogue sur les lacs et les canaux pour rejoindre deux villages de pêcheurs situés dans un décor à couper le souffle : des kms de plages désertes, quelques collines, etc. que nous avons à nouveau arpentées (à pinces toujours...). JL en a profité pour se baigner à chaque pause que nous octroyait Patrick. Nous avons passé la nuit sur place, dans un bungalow à l'abandon (je vous passe les détails les plus réalistes...) et avons repris le chemin du retour, 3 heures de pirogue, etc.
Avant le départ sur le lac Lanirano, notre embarcation
Au loin, le terrible pic saint Louis... et au premier plan, le dos musclé de Patrick
Devant notre hutte, au bord du lac Ambavarano, puis plusieurs vues du village d'Evatra
Après notre installation dans ce bungalow désaffecté et une petite halte salutaire, nous voici repartis en compagnie de Patrick qui nous guide dans les environs. Le paysage est magnifique : à chaque tournant, ou presque, on découvre une crique déserte.
La nuit tombe vite et, ce soir, il fait un peu frais. Heureusement, je peux me draper dans la polaire façon peau de tigre que Patrick a emportée pour nous installer...
Le lendemain matin, JL se démaquille soigneusement avec une lingette (il a horreur de ça mais c'est bien utile quand il n'y a pas d'eau... ce qui est le cas !), et nous voilà repartis pour une nouvelle balade .
Des népenthès (je vous en ai déjà parlé : ce sont des plantes carnivores que nous avons déjà vues dans le massif de l'Isalo).
Ici, nous passons à pied sur une presqu'île. Ce qui est très curieux, c'est que la mer arrive des deux côtés : après tout, ce n'est pas très compliqué de marcher sur les eaux et on comprend que l'histoire de Moïse est un peu une arnaque ! (JL précise que ce n'est pas Moïse mais Jésus qui marchait sur les eaux, mais bref, vous avez compris...)
AM en grande discussion avec Patrick pendant que JL fait trempette...
Ca vous paraît peut-être un peu monotone, toutes ces plages... c'est juste parce que vous êtes jaloux.
Après ces deux jours, nous voilà de retour à Fort Dauphin... A côté de notre hôtel (chez Anita) un exemple de construction en cours, avec échafaudages qui semblent un peu "bricolés".
Un petit bémol cependant : ce site exceptionnel de Fort Dauphin est actuellement menacé par l'exploitation (par des sud africains, des japonais et des canadiens) d'un minerai riche en titane qui est destiné bien sûr à l'industrie de pointe des pays du même nom. On n'est pas sûr que celà fasse le bonheur des malgaches... Sur les deux photos suivantes, vous pouvez voir l'installation des exploitants de la mine : des habitations ont été construites à l'écart, moyennant la destruction de toute une colline. Les expatriés y bénéficient de tout le confort (grands appartements, eau à profusion, climatisation, magasins réservés directement approvisionnés par l'Afrique du sud, etc.).
Hier soir, dimanche, nous avons repris l'avion en direction de Tana (seulement 1h1/2 de retard sur 1 heure de vol), et nous revoilà. Nous avons arpenté la ville aujourd'hui et avons retrouvé une densité un peu plus importante de cyber cafés, mais aussi de bruit et de pollution. Pour saluer ce retour à la civilisation, nous hésitons ce soir entre le foie gras poëlé aux fruits de saison, le magret au miel et fleur de thym avec pommes sarladaises, etc.
La suite au prochain numéro.
Bises à tous, et spécialement aux petits écoliers qui ont repris le travail ce matin.
Anne-Marie & Jean-Louis
2 commentaires:
Bon ça suffit, vous pouvez rentrer, le printemps est arrivé et on fête le premier anniversaire de l'élection de qui vous savez.
Week-end à Clamart avec la belle famille d'Etienne pour marquer le mariage.
Une critique très élogieuse du Comptoir du 11ème dans le supplément de Télérama distribué dans les cinés. C'est d'autant plus intéressant, si j'ai bien compris, que Ludo fait pression sur les prix avec vos données.
La description du voyage donne envie : on attend donc les nombreuses photos et commentaires. Bonne continuation.
Alain
Les pressions sur les prix du comptoir, ça ne passe pas vraiment. MAis le chiffre d'affaires a doublé entre la semaine de l'article et celle d'avant. OK, un point ne fait pas une tendance, mais on dirait que ça commence à prendre...
Bises
Ludo
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